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CONFLUENŢE LITERARE

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ISSN 2359-7593
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Autor: Pompiliu Comsa         Publicat în: Ediţia nr. 722 din 22 decembrie 2012        Toate Articolele Autorului

BURLUI SISMOGRAPHE DU TEMPS
 
 
 
 
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BURLUI SISMOGRAPHE DU TEMPS 
  
Très influence par la musique (Olivier Messiaen entre autres), Burlui evoque un univers cosmique assez perturbant a priori, puisque tout semble attire par le trou noir d'une sorte de neant : 
  
Lorsque le Temps se retire dans sa coquille 
  
Planètes terminent de courir vers nul endroit, 
  
Et l'espace suspendu, nullement surpris, 
  
Se trouve arrête - la merci d'un Roi . 
  
Ce Roi fait problème. Il renvoie d'un macrocosme notre pauvre terre puisque pour nous, les humains trop humains, c'est l et face nos Rois que tout se joue. La mecanique celeste ne se subit qu'ici-même, ici bas. Dans l'espace amoindri, trop etroit et dense où les protons humains errent. La perte est donc l'attribut de l'être. Il doit pourtant, rappelle Burlui, la reevaluer même auprès de tout ce qui depasse l'homme et fait de lui un fetu de paille. 
  
Arme d'une vision profonde et primale de l'humain, le poète roumain le ramène au peu qu'il est, savoir un vagabond pris en chasse par vents et pluies . Chaque être est donc forcement un perdant. Mais ce perdant peut être magnifique s'il parvient garder en lui son etat de rêveur insomniaque en lutte contre le peu que le reel lui accorde et en route vers le futur - par des mots passe-murailles. Face aux flots des larmes et tous les crepuscules, le poète en appelle donc une sorte de revolte personnelle. Chacun en effet porte en lui la force de se mouvoir face aux echecs que la destinee lui propose. 
  
La poesie revendique les eclats de la lumière du jour contre les grincements de la nuit . Et si l'auteur tente d'ecrire le poème du desespoir face aux enigmes du monde, ce poème reste malgre tout un appel. La recette de l'euphorie ne doit donc pas être negligee. Et le poème en ses vibrations peut devenir l'exercice par excellence de sur-vie. Il faut parfois savoir faire une croix sur tous les deserts de silence. C'est pourquoi Burlui le tiraille, l'ecartele continue ses injonctions complexes : 
  
Je sens dej le fer de lance envahir ma chair, 
  
Et sens le soldat qui me perce le cote, 
  
La douleur dans les trefonds se blottit et se terre, 
  
Quand j'ai soif, du venin et non pas d'eau, je boirai !  
  
Mais pour autant le crucifie encore des rendez-vous en tous les cotes du monde, même s'il s'agit de rendez-vous manques. La poesie est donc l'Attente ; l'attente blessee, mais sans cesse recommencee. J'entends de nouveau de subtiles harmonies chanter s'ecrie le poète dans un de ses poèmes amoureux, dont la matière vibre envers sa nymphe. 
  
La poetique du Burlui fonctionne dans ce jeu incessant entre le repli et l'ouverture. Le vide est l , mais l'auteur en cherche les bords. Et ce, même s'il sait que, debarquant sur ces rives, le Paradis n'est pas forcement au rendez-vous. Reste qu'avec une liberte folle dans la langue, le poète sait retenir les sensations : fleurs du tilleul, de cire et d'encens s'impregnèrent en moi pour tout le reste de ma vie ecrit celui qui reclame sa langue la magie, afin que l'âme exulte. 
  
Figures christiques ou figures du mendiant proposent paradoxalement un univers sideral. Au firmament, et même des annees lumières de ces silhouettes, la poesie se fait astrale jusque dans le sel de la terre de steppes, où souffle la brise glaciale. A sa manière, Burlui reprend la tradition des druides : eux savaient en effet ce qu'il en etait de l'aneantissement, mais aussi de formes de resurrection. En consequence, de sa poesie emane un temps complexe au milieu de paysages qui se detournent des cites postmodernes. Ils retrouvent un necessaire primitivisme et correspondent - dans leur dialectique heterogène - nos temps de doute, où tout est remis en question - jusqu' la civilisation :  
  
Des feux br lent parmi les collines comme au temps ancien 
  
Dans la haute futaie, les sons du buccin battent leur plein. 
  
... Siècles passent la hâte, changements dont on n'a même rêve, 
  
L'histoire reste l'oree du village, sans y entrer !  
  
Temoin lucide, le poète montre aux saltimbanques que nous sommes, les cendres qui resteront de nos illusions, une fois consumees. Mais il en appelle autant la fièvre du voyage vers ce bleu qui devient chez lui la couleur de la vie : 
  
Dans le parc tout aussi bleu. 
  
Les arbres tendent vers lui des rameaux bleus. 
  
Dans les allees bleues 
  
Passent des dames vêtues de robes bleues. 
  
Tout en soulevant ceremonieusement son chapeau bleu, 
  
Il les salue d'une politesse froide, toute bleue. 
  
Dans les hauteurs bleues 
  
Volent des oiseaux aux ailes bleues 
  
En gazouillant tout bleu  
  
Ce bleu devient la monade de l'Univers esperee. Le poète le retrouve en astres, en fleurs et en atomes et le multiplie en tout. 
  
Contre la causalite et la linearite, l'auteur entame par sa poesie un travail d'Atlas. En ce sens, on peut le considerer comme un mage. Et ils sont rares. Comme un voyageur aussi. Un vrai voyageur : ceux qui peuvent entamer les plus grands parcours autour de leur chambre. Ces voyages non conventionnels sont, sans doute, les plus forts et les plus fou. Sous l'horloge siderale, l'auteur nous invite l'accompagner : il faut le suivre. Pour s'egarer, se perdre. Pour - qui sait ?, se retrouver. Car - même au crepuscule - des soleils egares peuvent entrer.  
  
Les evocations paysagères ou siderales manifestent quelque chose de ces soleils. Si bien que la contemplation poetique de Burlui fonctionne dans une dimension structurante. Elle subvertit les notions habituelles de dehors et de dedans pour atteindre un monde autre en nous, un monde qui nous hèle aussitot qu'arrive son terme l'ivresse eparse des racines. Ce n'est plus la melancolie qui s'exprime. A une revelation romantique plus ou moins feerique ou violente, est prefere le desir de rapatrier l'œil dans le regard et la chose dans le cosmos.  
  
Face tous les poètes dont le subjectivisme s'emploie - dans une fascination morbide - devaloriser la couleur et proner l'autisme du paysage, l'auteur - tel Spinoza s'efforçant de polir avec patience jusqu' la perfection ses lentilles optiques pour affiner sa perception de la nature - propose de redonner celle-ci non le brillant factice de l'illusion, mais sa valeur d'instrument de rituel bleu et celeste. Il peut donner un sens ceux – nous – qui ne faisons que passer. 
  
On l'aura compris, Burlui est une poète rare. Chacun de ses poèmes est une lampe allumee qui possède une magie particulière. Elle tient au fait que sa luminosite - plutot que de s'arrêter la decouverte du dehors, porte le regard sur l'obscurite du dedans. Afin d'y parvenir, l'ecriture fait preuve de force et de justesse, du soyeux et de l'ardent. Surgit une forme de metaphysique implicite. L où l'apparente simplicite des moyens cree la somme de vitalite de la poesie et determine sa reussite.  
  
L'aventure existentielle passant par le filtre de la poesie, mène du noir le plus profond au bleu celeste. Elle est aussi une sorte de musique dont la vibration est même d'atteindre ce qu'il y a de plus general dans l'être : son mouvement interieur fragile et terebrant. De la parole partagee dans la pâte humaine, on glisse vers une poesie metaphysique. Elle developpe une vision particulière de notre temps et de notre epoque. Par del les signaux implicites de detresse existentielle, quelque chose contraint la pensee plier sous la serenite.  
  
L'œuvre devient aussi une sorte d'autoportrait - tant son createur tente de retenir la passion de vivre. A sa manière, il repond la question majeure : A quoi sert la poesie ? Elle sert inverser le desespoir ou, au moins, l'endiguer travers l'ensemble de ses rayons lumineux. S'y eprouve le sentiment de regarder au plus secret de soi-même, parce qu'on sent que se joue l un double duo : celui de l'être et de son ombre et du premier avec le monde. 
  
La poesie de Burlui est donc une meditation et une exaltation unissant un mouvement de dilatation celui de la concentration. Se lie l'infime l'immense, loin de tout effet spectaculaire. C'est en cela que l'œuvre fascine, puisqu'elle reunit les contraires en une harmonie où il s'agit de s'abîmer dans une extase particulière, dans laquelle n'est jamais cache ce qui nous menace. Surgit toutefois l'azur vivace d'un espace de lumière particulière. Le poète et son lecteur y recherchent leur âme avant que, le soir arrivant et l'ombre devenant plus pregnante, le vol des oiseaux s'appesantît. 
  
Jean-Paul GAVARD-PERRET  
  
 
  
Referinţă Bibliografică:
BURLUI SISMOGRAPHE DU TEMPS / Pompiliu Comsa : Confluenţe Literare, ISSN 2359-7593, Ediţia nr. 722, Anul II, 22 decembrie 2012, Bucureşti, România.

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